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D.R.I. (usa) - Dirty Rotten LP (1983)








Label : Dirty Rotten Records
Sortie du Scud : novembre 1983
Pays : Etats Unis
Genre : Hardcore Crossover
Type : Album
Playtime : 28 Titres - 22 Mins





1981.
L’Amérique sort des 70’s, le Disco agonise lentement, Tony Manero a depuis longtemps rangé son costume et cherche un boulot mal payé dans Brooklyn. Les rues ont repris leurs teintes sombres. Le rêve d’une société meilleure est en pause, et l’avènement d’un ancien acteur à la maison blanche ne va rien changer au problème.
La guerre froide est encore d’actualité, mais l’espoir est toujours là. Bien remisé certes pour certains, notamment dans les ghettos noirs ou porto ricains, mais on continue quand même d’y croire, même si la société a flingué les douces utopies des 60’s et mis en cage les différentes velléités libertaires des 70’s.
Il faut revenir à la réalité, reposer les pieds sur terre, et ranger la coke dans ce tiroir qu’elle n’aurait jamais du quitter.

Et Ronald Reagan va faire le ménage. Le grand ménage. Il faut relancer l’économie, a grands coups de supply-side economics, doper la consommation, et asseoir la réputation des USA. L’Amérique restera le sauveur du monde moderne, ce qu’elle a toujours été depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et le plan Marshall. Viendra alors le règne des sacro-saints yuppies, early golden boys aux cartes platinum et restaus branchés, si bien décrits par le Bret Easton Ellis des psychos en tout genre.
Le Punk s’est ramassé la gueule (de bois) sur l’écueil du petit matin, et les synthés se taillent la part du lion, décorum improbable d’une musique aussi triste qu’une aube sans désir.
Qui va oser se lever, tendre le poing, parler de partage lorsque les attentes de tout un chacun se situent à un niveau individuel ?

Alors le salut résidait dans la consommation…
Technologie chinoise et japonaise, bouffe française, fast & junk food et Holydays in Cambodia. Pourtant, Jello foutait déjà la merde, Ian MacKaye affûtait son discours sur un album éponyme, mais tout cela sonnait désespérément adulte. Il manquait cette touche de naïveté qui rend les révolutions bordéliques mais efficaces, une sorte de mai 68 local avec pavés en forme de flyers, vous invitant à la fête désorganisée d’une adolescence presque déjà désabusée de n’avoir pas su anticiper l’ennui. Et pourtant, Kurt est encore très loin, et sa guitare n’est même pas encore sortie de l’usine. Alors, la génération X…

Pourtant, certains commencent à organiser l’après pas grand chose. Les oubliés de la croissance, restés sur le bas côté de la vie prennent les armes, en forme de guitare, de basse et de batterie pour faire résonner leur cri loin dans les suburbs surpeuplés de la classe moyenne qui pourtant fantasme encore sur la télé dernier cri. Ils fulminent de rage dans leur garage transformé en salle d’attente du grand soir, et accouchent de mini postulats définitifs sur la vie, la société, les flics, la drogue, et tout le reste.

D’un son de guitare justement, naîtra un nom. Dirty Rotten Imbeciles. Punk encore…Et pourtant, plus affamé, plus rapide, plus débridé. Pas le temps de comprendre qu’on se fout de tout, parce que justement ça n’est pas le cas. On revendique. Houston, Texas. Pas spécialement réputée pour abriter les groupes les plus déterminés, mais homeland d’un des combos les plus dangereux du début des années 80. Et des cendres du crachat hardcore Suburbanites, naîtront ces fameux pourris, qui vont accoucher un an après leur formation d’un des pires/meilleurs brûlots jamais gravé sur vinyle.
Quatre crétins, Spike Cassidy, Eric Brecht, Kurt Brecht et Dennis Johnson, produisent en 1982 un Ep de 17 minutes, comprenant 22 morceaux essentiels pour comprendre tout un pan de la musique radicale US. Réédité plus tard avec en bonus, les morceaux d’un autre EP, dont un complètement fou et indispensable.

Avec en exergue des revendications simples et immédiates, il fallait bien sur une bande son adaptée. Alors, allons y pour des morceaux courts, qui claquent, et fouettent le gros cul du capitalisme jusqu’au sang.
Posons le problème.
Commencer un LP avec un titre aussi fort que « I Don’t Need Society » est un aveu. Un genre de cri primal pour sourds et malentendants, qui refusent obstinément d’ouvrir les yeux sur l’impasse dans laquelle la jeunesse américaine a été plongée.

If you can’t beat them, join them.
Ou pas.

“Fuck the system, they can't have me
I don't need society”


Et c’est vrai que ces jeunes là ne voulaient pas de cette société, qui n’était pas faite pour eux. Alors autant le crier avec conviction, sur fond de boucan hardcore pas piqué des vers, et basé sur une brutalité et une vitesse jamais vues auparavant.
La naissance du Thrashcore, le premier crossover de l’histoire récente du Metal. En gros, reprendre les choses là où les aînés les avaient laissées, et appuyer un peu plus là où ça fait mal. Maîtriser un tant soit peu son instrument sans en faire des caisses. Le minimum core pour aligner les punchlines candides MAIS pertinentes.
Et cet album en regorgeait. Ras la gueule.
”I'm the type of person no one wants around
Everyone stares at me wherever I go
They all suck, what do they know?”

Un son de guitare sec à l’extrême, une batterie bancale mais directive, un chant habité à la limite de l’incompréhensible. C’était alors la recette pour faire cuire des morceaux supersoniques, faisant passer les RAMONES pour de vieux conteurs has been dépassés par les vicissitudes de la rue et les impératifs de l’urgence. Il fallait aller vite, frapper fort, et ne reculer devant rien, même pas le chaos.
« Money Stinks », « Human Waste », « Capitalists Suck ». En gros, la vie, telle que le gouvernement voulait la vendre, et qui ne répondait pas aux attentes d’une jeunesse US lassée de fausses promesses et de lycées dortoirs tout juste bons à vous aiguiller sur la voie royale du conformisme.
D.R.I. à l’époque, était considéré comme le groupe le plus rapide du monde. C’est une possibilité, mais il fallait voir dans cette exécution un réel désir d’exploser les conventions, quelles qu’elles furent.
Et assumer ses contradictions.

« Violent Pacification »

” We'll force you to be nice to each other Kill you before you kill each other”

Ou comment déchirer le silence environnant sans pour autant hurler dans le vide. A tel point que les géants SLAYER revisiteront ce morceau atomique quelques années plus tard en croyant le radicaliser. Mais on ne peut pas radicaliser un paroxysme.
Une basse presque joyeuse qui balance les six même notes avant qu’un roulement hyperdrive ne conduise le tout sur les rails de la folie douce. Insensé pour l’époque, plus hystérique qu’un pétard lancé dans une salle de trading, épileptique comme un gamin en surdose de jeu vidéo.

Epileptique ? Kurt l’était certainement pour se défoncer au point de rendre inintelligibles les paroles de l’évident « Makes No Sense ». Sorte de Rap improbable au flow hystérique, ce court morceau à la guitare traînante et à la caisse claire mitraillette était un bégaiement sublime se terminant dans une conclusion confondante d’ironie :

“ That makes sense They make sense to me”.

Un peu comme si Milo Aukerman s’était directement piqué avec une perfusion d’expresso brut. Car la force de ce Dirty Rotten LP était de proposer d’une manière condensée de véritable pamphlets Punk structurés comme des chansons, tout en ayant la brièveté de slogans. En gros, Joe Strummer devenu anarchiste convaincu et haranguant la foule avec des hymnes miniatures assourdissants.
Et la version oscillait donc entre les invectives lapidaires de moins d’une minute (« Why », « Human Waste », « Draft Me », « F.R.D.C. », « Plastique », « Closet Punk » et tant d’autres…), et les titres plus développés (« Sad To Be » et son ambiance lourde, « Violent Pacification », « War Crimes »), tout en proposant des refrains choc et des soli qui, s’ils restaient dans une veine relativement primitive, permettaient déjà de revendiquer une affiliation « Metal » qui allait devenir prédominante dans les années à venir.

Mais pour l’heure, le radicalisme Punk était encore le porte drapeau de ces esthètes de l’acharnement bruitiste, et ils ne se privaient pas pour lapider l’administration Reagan et ses mesures économiques taillées sur mesure (au point de se voir affublées d’une néologisme nominal depuis rentré dans l’histoire, comme le Thatcherism…)

“ Reaganomics killing me
Reaganomics killing me
Reaganomics killing me
Reaganomics killing you”


Unique, linéaire, déterminé, tout en oubliant pas de préciser ses origines, comme pour mieux convaincre l’auditeur de la pertinence de sa démarche:

“Who am I
D. R. I.”


DISCHARGE et GBH avaient déjà tenté le parallèle Metal osé et risqué. Mais quand bien même leurs albums (Hear Nothing, City Baby) dynamitaient les conventions en exhalant un parfum sordide de vieille ruelle inondé de poubelles, le tout restait mesuré, presque timoré par rapport à cette course effrénée qui traçait le long des sillons du Dirty Rotten LP. Avec cette production sommaire et sèche comme un coup de trique, cette guitare geignarde, cette batterie sans garde fou toujours à la lisière du cerclage, et ce chant ironique au accents sardoniques MAIS lucides, les D.R.I. se posaient en chantres de l’agression juvénile, qui rejetait les parents, l’école, les lois, la raison, pour les ériger en tant que préceptes putrides d’un asservissement par l’abrutissement, symboles d’une société qui ne voulait voir en ses enfants que la relève d’une arrière garde déjà bouffie de certitudes monnayables.
Ajustez la casquette à l’effigie de ce bon vieux Ronnie, faites briller l’attaché case pour pérorer dans des bureaux hors de prix, ou bien crevez de faim dehors, avec les autres abrutis ayant refusé un destin consumériste inéluctable. Mot d’ordre ou désordre ?
Vous n’aviez pas le choix.

D.R.I., c’était l’urgence, la faim qui transcendait la classe moyenne. Le coup de feu qui disperse la foule des badauds et qui donne le signal du départ. Le genre de musique qui colle au cœur et aux oreilles et qui rend le désespoir presque supportable.
Inutile après un tel assaut d’essayer de le reformuler d’une façon plus polie. Et puis, Spike et Kurt avaient d’autres ambitions. Accentuer la patine Metal pour accoucher d’un nouveau genre, qu’ils finiront par inventer et qui servira de nom de baptême d’un LP aussi définitif qu’incontournable.

Crossover.

Alors, ne vous leurrez pas. Sans ces abrutis là, pas de métissage. Pas de Metalheadzs et de punks la main dans la main aux gigs. Ils étaient là avant tout le monde.
Et si vous leur demandez pourquoi, je pense qu’ils vous répondront ceci :

“Now I don't need a reason why”



Ajouté :  Samedi 02 Mars 2013
Chroniqueur :  Mortne2001
Score :
Lien en relation:  D.R.I. Website
Hits: 4640
  
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